Voici la réponse d'Albin Morelle, directeur adjoint du programme ESIEE, professeur associé d'informatique.
Qu'appelle-t-on informatique ? Moteur de recherche sur internet, réseaux informatiques hertziens, décodage du génome humain, analyse automatique d'empreintes digitales, compression du son (MP3) ou de l'image (MPEG), microprocesseur 1GHZ, aide au choix d'itinéraire pour un conducteur de voiture dont la position est repérée par GPS, analyse et synthèse de la parole et des images, réseau de communication entre les organes d'un système temps réel embarqué (avion, voiture, ...), etc. : tout cela est fondamentalement de l'informatique, tant logicielle que matérielle, sans qu'on puisse situer une frontière franche et précise avec les autres disciplines (électronique, automatique, traitement du signal, télécom, mathématiques, biologie, physique, ...).
Les domaines de l'électronique, des télécom et de l'informatique s'interpénètrent et ce mouvement s'accentue. Quand on parle d'intégrer un interpéteur Java dans un téléphone portable de façon à pouvoir télécharger des services, quand les télévisions feront bientôt ordinateur et rendront possible l'accès à l'internet, ... on est bien dans ce vaste mouvement généralisé du tout numérique et du tout intégré.
C'est souvent à la frontière entre les disciplines qu'ont lieu les innovations. C'est la raison pour laquelle la Commission du Titre d'Ingénieur (commission officielle française qui accrédite les établissements français à délivrer le titre d'ingénieur) recommande fortement aux écoles d'ingénieurs de conserver un certain généralisme, de maintenir une culture scientifique et technique large garante d'adaptation et de capacité d'évolution.
L'ESIEE a opté en tronc commun pour une formation double compétence électronique-informatique. Le tronc commun que vous suivrez, si vous choisissez l'ESIEE, est en ce sens équilibré : les maths, la physique, l'électronique, et l'informatique représentent environ chacune 1/4 du volume des enseignements scientifiques et techniques, l'informatique représentant 40% du volume électonique-informatique obligatoire (non compté les unités électives et le projet de fin de tronc commun qui permettent, en fonction de ses goûts, d'approfondir certaines disciplines ou de s'ouvrir à d'autres domaines). A noter que cette répartition est toute relative : les "circuits" mis ici sous l'étiquette "électronique" sont en "physique" en classes prépa, les microprocesseurs relèvent selon les établissements soit des enseignements d'électronique soit de ceux d'informatique, etc.
Il est possible en fin de tronc commun ESIEE, sous certaines conditions de résultats, d'obtenir une "licence d'informatique (option signal)" délivrée par l'université. Il est possible, sous certaines conditions de résultats, de s'incrire en DEA puis de poursuivre sur une thèse de doctorat. Rien n'empêche donc de de se spécialiser en informatique, mais il est obligatoire de ne pas faire que cela en tronc commun !
A noter qu'à ce jour, 30% des jeunes diplômés ESIEE (enquête 1999) déclarent avoir trouvé leur premier emploi dans le secteur économique de l'informatique.
Choisir l'ESIEE ce n'est en aucun cas renoncer à une voie informatique, mais c'est opter clairement pour une double compétence informatique-électronique. Cette double compétence est assurément un plus par rapport à une formation informatique ou électronique mono-culture.