RENCONTRE AVEC VERONIQUE BRUN : ESIEE 1994
Par Marie-Laure Hilbert, mardi 5 septembre 2006 :: Témoignages d"anciennes"... :: #27 :: rss
Si vous aviez une chose à dire aux lycéennes qui hésitent à se lancer dans les études scientifiques ?__
Les études scientifiques développent notre sens logique, notre raisonnement, et nous apprennent à résoudre rapidement des problèmes complexes. C’est primordial pour créer de nouvelles technologies, de nouveaux produits, pour apporter de nouvelles idées. De plus, on apprend à apprendre et on apprend vite. C’est un atout qui permet de s’adapter à des situations professionnelles différentes et de se renouveler en cours de carrière… et je parle d’expérience ! L’adaptabilité est une qualité incontournable aujourd’hui… Ces qualités développées grâce à une formation d’ingénieur combinées à certaines qualités féminines comme la communication par exemple, donnent un profil tout à fait intéressant…
Nom : BRUN
Prénom : Véronique
Age : 36 ans
De quelle promo êtes-vous issue ?
1994
Votre profession ?
Je suis chef d’une entreprise, Scrapinette (http://www.scrapinette.com), créée en mai 2005, qui distribue en ligne du matériel de scrapbooking, loisir créatif qui permet la décoration et la mise en page personnalisée des albums photos. C’est vrai que c’est un peu loin de ma formation initiale d’ingénieur mais ça prouve aussi que l’on peut se reconvertir sans difficulté. En plus de mes fonctions administratives et commerciales (achat/vente, marketing, envoi des commandes, gestion des fournisseurs), je m’occupe du contenu du site internet de la société. Je travaille avec un associé, Karl Piteira (ingénieur ESIEE 1998), qui s’occupe de la partie technique du site, et une graphiste en freelance. Actuellement, nous avons aussi un stagiaire.
Quelle est votre situation familiale ?
Je me marie cette année :-D
Localisation géographique ?
Je travaille et j’habite dans le 12e arrondissement de Paris..
Sports pratiqués ?
Je ne suis plus très active de ce côté là depuis que j’ai quitté l’ESIEE. Il y a 2 ans je faisais un peu de roller… mais, aujourd’hui, mes activités se résument essentiellement à décharger des livraisons…et croyez-moi, 40 kg d’albums, c’est du sport !
Votre passe-temps favori ?
Actuellement, je consacre le peu de loisirs que me laisse ma société à ma famille et mes amis. J’essaye aussi de profiter de temps en temps des sorties parisiennes : ciné, théâtre (j’en faisais à l’ESIEE d’ailleurs…). Je m’occupe également depuis 1995 de l’Association des Anciens de l’ESIEE (AA-ESIEE) dont je suis Vice-Présidente actuellement.
Un mot pour vous définir ?
Créative.
Votre cursus ?
J’ai obtenu un baccalauréat scientifique en 1988 et je suis entrée directement en première année à l’ESIEE.
Pourquoi avoir choisir de poursuivre après le bac vers des études scientifiques et plus précisément ensuite, vers des études d'ingénieurs ?
J’ai fait une terminale scientifique parce que cela ouvrait (et ouvre encore) beaucoup de portes. Je savais ce que je ne voulais pas faire ; médecin par exemple…
Les métiers de l’ingénieur, je ne savais pas ce que c’était vraiment, mais dès le lycée, je savais que je voulais travailler en entreprise dans le secteur des hautes technologies.
Pourquoi avoir choisi d'intégrer une école d'ingénieurs directement après le bac ?
Par pragmatisme. Pour moi, la prépa n’était pas forcément la voie royale, cela ne m’aurait pas aidé à savoir sur quel domaine m’orienter. En plus, avec le jeu des concours post-spé, je prenais le risque de me retrouver après 2 ou 3 ans d’études dans une école qui ne m’attirait pas particulièrement, « faute de mieux ».
Pourquoi avez-vous choisi l’ESIEE ?
J’ai passé beaucoup de concours pour intégrer une école d’ingénieurs (ce que je conseille d’ailleurs largement aux élèves de terminal, car c’est un excellent moyen de réviser les matières scientifiques et de préparer le bac !). J’ai opté pour l’ESIEE pour les moyens mis à disposition des élèves, tant sur le plan humain que matériel, mais aussi parce que nous avions eu la visite dans mon lycée d’anciens élèves. Ils avaient parlé de l’ESIEE de manière très positive. Et puis, le niveau d’enseignement de l’ESIEE a toujours été très bon et reconnu comme tel.
Votre première semaine à l’ESIEE : racontez-nous ?
Cette première semaine a été consacrée à 100% à l’informatique pour une mise à niveau générale, mais ce n’est pas très caractéristique d’un « début à l’ESIEE », car cette formule n’a pas été conservée les années suivantes. Pendant la semaine d’intégration, le BDE (Bureau des élèves) nous a demandé de nous déguiser en bébés et nous a fait défiler dans Paris. C’était sympa et plutôt marrant de voir la tête des gens dans les cabines téléphoniques que nous entourions de papier toilette ! C’est le genre de choses qu’on ne fait qu’une fois dans sa vie ! L’intégration s’est terminée par un week-end en Normandie. C’est génial pour souder une promo.
Etiez-vous en résidence universitaire ?
Non, j’habitais à Nation, c’est–à-dire à 25 minutes de l’école en RER.
Faisiez-vous partie d’un club, d’un BDE, d’une association ?
Je faisais partie du Club de théâtre qui n’existe plus aujourd’hui, je crois. Nous avions organisé le premier Festival Européen de Théâtre Etudiant (FETE) qui rassemblait pendant une semaine à l’ESIEE des troupes françaises et étrangères, chacune jouant dans sa propre langue. Je faisais aussi de l’escrime (épée) ce qui m’a permis de participer au Trophée ESIEE, dont je garde un très bon souvenir.
Votre meilleur souvenir ?
Mon passage à l’ESIEE est à lui seul une collection d’excellents souvenirs !
Votre pire souvenir ?
La fin de la première année (que j’ai redoublée… on ne peut pas être parfaite ;op mais ce redoublement a été une très bonne chose pour repartir sur des bases saines et terminer ma scolarité sans problème). A ce moment-là, le risque de me faire « virer » de l’école était grand, et j’avais vraiment envie de continuer à l’ESIEE.
Les relations avec la gente masculine au cours de vos cursus ingénieur« e » à l’ESIEE ?
Je le résumerais en une phrase : « Tout ce qui est rare est précieux »… ;-) Les filles sont donc particulièrement chouchoutées !
Votre premier emploi ?
Diplômée de l’ESIEE en 1994, j’ai cherché pendant 7 mois et j’ai beaucoup d’entretiens avant de trouver un emploi dans une PME en tant qu’ingénieur d’études en électronique. Ce n’était pas exactement ce dont je rêvais, mais quand le marché de l’emploi est difficile, il faut accepter de commencer par quelque chose.. Suite à des problèmes financiers, cette société (qui apparemment n’existe plus) a procédé à des suppressions de postes, dont le mien. J’ai ensuite travaillé chez Altior, une SSII, et chez Philips à partir de 1996 en tant qu’ingénieur de recherche dans les communications numériques. Fin 1999, je souhaitais m’éloigner de la technique pure et me rapprocher du marketing. Philips m’a alors proposé un poste de « Business Developpment Officer », dans le marketing stratégique pour la recherche. J’étais chargée d’évaluer le potentiel business des projets de recherche, de proposer des solutions de mises sur le marché et des partenariats dans des domaines aussi variés que la vidéo numérique, les semi-conducteurs ou l’imagerie médicale. C’était passionnant ! En 2002-2003, j’ai suivi une formation complémentaire en management avec l’ESSEC via Philips.
Suite à un plan social chez Philips en 2004, j’ai appliqué mon métier à un nouveau domaine, à un marché émergeant en France (le scrapbooking !) et j’ai monté un business plan qui a abouti à la création de Scrapinette en mai 2005.
Comment imaginez-vous l’ESIEE dans 10 ans ?
Je l’imagine suivre les évolutions technologiques pour rester à la pointe de l’innovation, qui est la vocation première de l’école. J’espère que des synergies avec l’ISTM (qui se situe dans les mêmes locaux que l’ESIEE) verront le jour pour sensibiliser davantage les élèves-ingénieurs au management. Je crois que l’ESIEE va encore plus s’attacher à mettre à l’honneur les compétences des étudiants et des enseignants-chercheurs de l’école comme lors du Jour des Projets, qui a eu lieu jeudi 22 juin et auquel j’ai participé. Enfin, j’imagine également que les élèves vont encore plus s’impliquer dans la vie associative de leur école que les « vieilles promos », car ce type d’activités laisse d’excellents souvenirs, favorise l’esprit d’école et est une très bonne première expérience de gestion de projets qui enrichit toujours un CV de débutant !
Si vous aviez une chose à dire aux lycéennes qui hésitent à se lancer dans les études scientifiques ?
Les études scientifiques développent notre sens logique, notre raisonnement, et nous apprennent à résoudre rapidement des problèmes complexes. C’est primordial pour créer de nouvelles technologies, de nouveaux produits, pour apporter de nouvelles idées. De plus, on apprend à apprendre et on apprend vite. C’est un atout qui permet de s’adapter à des situations professionnelles différentes et de se renouveler en cours de carrière… et je parle d’expérience ! L’adaptabilité est une qualité incontournable aujourd’hui… Ces qualités développées grâce à une formation d’ingénieur combinées à certaines qualités féminines comme la communication par exemple, donnent un profil tout à fait intéressant… alors lancez-vous mesdemoiselles !
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